Archives > Où va l’école ? > 4 - Choses vues ou lues
Bouillabaisse pédagogique

« L’auto »

« L’accès à l’auto se définit comme l’accès à une conduite adulte mais paradoxale. Peut-être n’est-ce pas par hasard que le domaine des transports soit le seul dans lequel le préfixe auto est devenu un substantif. L’auto marque l’accès à une mobilité personnelle qui a transformé radicalement les rapports aux temps, à l’espace, aux autres et à soi-même. Pour les adolescents, l’accès à l’automobile marque l’accès à l’âge adulte, à l’affranchissement de l’espace et du temps et il élargit le champ d’action. Dans cette comparaison avec les transports, le premier point à retenir est que l’accès à l’auto (comme véhicule physique ou psychique) marque l’accès à une conduite adulte du mouvement. (...) Un deuxième point est à soulever pour cerner davantage la conduite paradoxale de l’auto. En effet, la source principale de l’auto motricité -le moteur- est caché sous le capot. Ainsi en est-il de l’auto, foyer organisationnel invisible et en grande partie inconscient. Il n’est pas nécessaire de conscientiser complètement ce foyer pour qu’il s’organise. Il suffit de l’alimenter pour qu’il s’avive, chauffe et éclaire sans qu’on sache exactement comment et pourquoi. (...) Un centre de bilan qui veut rendre l’individu automobile doit agir non comme une usine de montage, mais comme une auto-école, une école à l’apprentissage de l’auto, qui est, nous l’avons vu, l’accès à une conduite adulte, personnelle, mais paradoxale de son devenir... La prise du pouvoir par le sujet sur son devenir est au coeur de la problématique du bilan. En ce sens, l’enjeu du bilan est de rendre l’individu automobile, c’est à dire de favoriser l’accès à son devenir et à la conduite personnelle de ce devenir. »

Un professeur d’Université
Dossier : « Bilans de compétences personnelles et professionnelles »
Actualités de la Formation Permanente, Mai-Juin 1988

« Éducabilité cognitive » : logomachie

« Aujourd’hui, il y a lieu d’intégrer dans le processus de formation, les activités cognitives des individus, en tant qu’objets de formation. Ce besoin impose au formateur, pour déterminer ses objectifs, de prendre en compte le champ cognitif du sujet, défini comme l’ensemble des systèmes de représentations (contenus de pensée) et des structures opératoires dont il dispose à l’entrée de la formation. (...) Selon les conceptions et les références théoriques des praticiens et des chercheurs, on pourra ou non poser l’hypothèse d’une intervention susceptible de réactiver le fonctionnement cognitif par une méthodologie appropriée :
- intervention pensée comme une évolution ou une reprise du développement opératoire, un apprentissage du raisonnement logique et des processus de pensée,
- intervention pensée comme ré-activation du fonctionnement cognitif et une mobilisation optimale du potentiel. »

Certes, mais encore ?

Études et expérimentations en formation continue, n°3, janvier- février 1990


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