Archives > Où va l’école ? > 4 - Choses vues ou lues
Choses vues

- J’assiste à un cours d’une de mes stagiaires. Niveau 1ère. Plusieurs élèves qui levaient le doigt finissent par se décourager car ils ne sont jamais interrogés et se désintéressent du cours. J’en fais la remarque. Mlle X. me répond qu’elle se conforme à ce qu’on lui a appris à l’IUFM : « Ceux qui lèvent le doigt veulent se faire remarquer et se valoriser par rapport aux autres qui ne savent pas répondre. Il convient donc de ne pas les encourager dans cette voie ».
- Une collègue vient me demander de la soutenir devant le proviseur car elle désire faire une protestation. Un élève s’étant montré insolent, elle le prie de sortir du cours et d’aller voir la Conseillère principale d’éducation (CPE). Ce qu’il fit... pour revenir aussitôt avec la CPE qui vient faire une enquête pour juger du bien fondé de la décision du professeur. Devant l’indignation du dit professeur, elle déclare : « Je ne prends pas la parole d’un élève pour argent comptant, donc celle du professeur non plus. »
- Félix, élève de CM1 dans une école primaire publique du 14e arrondissement de Paris, déclare à ses parents qu’il ne veut plus aller à l’école et qu’il « en a marrre de la boîte ». Renseignements pris, il s’agit d’une boîte à chaussures dont le couvercle comporte un trou. Les élèves sont invités à mettre des petits mots, signés ou pas, pour dire « ce qu’ils ont sur le cœur » à propos de la classe ou des camarades... L’institutrice a été très surprise de se voir accuser d’encourager la délation. Elle a répondu que c’était une bonne méthode pour travailler « dans la transparence » et savoir ce qui se passait dans la classe : « A cet âge-là, les enfants ne mentent pas », a-t-elle déclaré, il faut apprendre à s’exprimer et à dire la vérité aux adultes.

J.M., professeur à Paris
Septembre 2000


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