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« Mémoire d’un enfant juif » : protestation de Liberté pour l’histoire

L’association Liberté pour l’histoire réprouve la décision du président de la République, après celle si contestable sur la lecture obligatoire de la dernière lettre de Guy Môquet, de faire « parrainer la mémoire » d’un des 11 500 enfants juifs de France victimes de la Shoah, par des élèves de CM 2 à partir de la rentrée 2008.
Quelque respectable que soit l’intention, cette initiative se heurte à de fortes objections :
1- Le caractère contraignant de cette injonction de mémoire. Elle substitue une démarche purement émotive à un apprentissage critique de l’histoire qui demeure le premier devoir des éducateurs.
2 - Indépendamment du fait que nul ne sait ce que peut vouloir dire « parrainer une mémoire », est-il raisonnable d’en faire assurer la charge par des enfants de neuf ou dix ans, sans mesurer l’effet psychologique d’une pareille mise en demeure ?
3- La Shoah est un événement unique dans l’histoire. Mais la place ainsi accordée aux victimes juives, à l’exclusion de toutes les autres, risque d’être mal comprise. Mesure-t-on l’embarras des enseignants à appliquer pareille prescription face à des classes d’enfants aux filiations les plus diverses ?
Cette annonce improvisée et en définitive dangereuse nous paraît relever de ce courant de repentance que le président de la République avait paru vouloir condamner. Ne risque-t-elle pas en outre d’avoir l’effet absolument contraire au but visé ?

15 février 2008

Le site de Liberté pour l’histoire cliquer ici


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