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Rapports sur l’intégration

Un nouveau pas dans le discrédit de l’État

Les deux rapports sur l’intégration remis au Premier ministre le 1er février et le 13 décembre 2013 ont fait apparaître au grand jour les tendances délétères, existant depuis longtemps au sein de la société et de l’État, qui remettent en cause les acquis républicains et décrédibilisent la puissance publique. Ces deux rapports recyclent nombre de thèmes idéologiques dans une incroyable logorrhée, composite étrange de la langue de bois militante et de celle des pédagogues et des managers modernistes. Ce ne sont pas seulement les propositions contenues dans ce rapport qui sont en question, mais le type de langage qui déstructure les significations, met à distance le réel et décourage d’emblée le désir de comprendre de quoi au juste il est question. Par la remise en cause radicale de notre héritage, la déstructuration des significations qu’ils opèrent, dans leur contenu comme dans leur forme, ces deux rapports constituent une nouvelle manifestation de la confusion et de ce qu’il faut bien appeler la « haine de soi ».
Après avoir salué le travail effectué par les experts désignés et publié les rapports sur le site officiel du Premier ministre au nom de la « transparence », le gouvernement s’est empressé de s’en démarquer. En se défaussant de ses responsabilités sur de soi-disant experts qu’il a lui-même choisis, le gouvernement contribue une nouvelle fois, au discrédit des politiques et de l’État. Ces dénégations ne sont pas simplement le signe d’une incohérence et d’une incompétence aux plus hauts sommets de l’État, elles témoignent d’une politique à la dérive et d’une coupure d’une partie du gouvernement, de ses conseillers et de ses « experts » avec le réel et le sens commun. Après l’« affaire Léonarda », la publication de ces rapports marque une nouvelle étape dans le discrédit des gouvernants, alimente le désarroi de la société et le vote protestataire. Jamais une telle remise en cause radicale de notre héritage culturel et politique, une telle bouillie langagière n’avaient été publiées sur le site officiel d’un Premier ministre.

J. P. Le Goff, 21 décembre 2013

Extraits du rapport Tuot cliquer ici

Extraits du rapport intégration, cliquer ici

Extraits de "Écrire de nouvelles pages de la mémoire collective des territoires par l’action culturelle et la création artistique participatives", cliquer ici

Accéder à la totalité du rapport Tuot, cliquer ici

Accéder aux cinq rapports sur la refondation de la politique d’intégration, cliquer ici

Lire aussi :

- Laurent Bouvet
"Intégration : mettons les pieds dans le plat !", cliquer ici

- François Kersaudy :
"Rapport sur la désintégration", cliquer ici


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